Comment j’ai vécu une rupture amoureuse avec le soutien de la Communication NonViolente®

Comment j’ai vécu une rupture amoureuse avec le soutien de la Communication NonViolente®

C’est tellement difficile de se rendre compte qu’avec l’homme que j’aime ça ne va plus. Je ne suis pas nourrie comme je le souhaiterais. J’étais tellement sûre de passer ma vie avec lui, de faire des enfants avec lui, de réaliser mes rêves avec lui… et en fait, ça ne va plus…

Je ne dors plus et la nuit je regarde sur Youtube des vidéos d’Isabelle Padovani. Elle dit que c’est possible de trouver un jardinier qui arrose tout ton jardin, chaque petite fleur, un jardinier qui découvre même de nouvelles fleurs chaque jour. Je me dis que c’est impossible, qu’il faut que je me contente de ce que j’ai, que c’est déjà pas mal, qu’il y a pire, etc…

Je lis le roman Ne marche pas si tu peux danser d’Anne van Stappen qui raconte l’histoire que je suis en train de vivre : une jeune femme qui souhaite sortir d’une relation amoureuse. Quand j’arrive à la fin du livre, dont l’issue est heureuse, je me dis que ça n’arrive que dans les livres…

Je n’ai plus d’espoir de m’en sortir : rester avec lui m’angoisse et le quitter m’angoisse. Il se passe beaucoup de temps avant que la situation évolue. J’ai l’impression d’avoir tout donné, tout mélangé et que sans lui dans ma vie je ne survivrai pas. Nous vivons ensemble, nous travaillons ensemble, nous avons nos rêves ensemble…

Plus d’un an après mes débuts en CNV, je lui propose de faire une médiation avec une formatrice CNV. J’ai de la chance car il accepte. La médiation va durer cinq mois. Au début, c’est vraiment dans l’espoir de tout arranger et au final cela nous soutient pour nous séparer. Cinq mois pour prendre conscience des besoins de chacun, cinq mois pour se dire les choses, cinq mois pour se remercier aussi de ce que nous avons vécu ensemble, cinq mois pour se dire que notre histoire de couple est terminée.

Cela n’enlève pas la douleur, le manque, le deuil, la peur. Et en même temps cela permet de « bien » se séparer. Sans colère, sans haine, en restant dans le respect et l’amour, oui, quelque part, c’est aussi de l’amour. Cela permet aussi de célébrer les années passées ensemble.

Et en même temps, je suis toute retournée, toute triste, toute désolée. Un soir, je suis là sur mon canapé, je sens cette vague de désespoir m’envahir. Je m’agrippe à l’accoudoir, je sens mon corps qui se contracte. Je laisse la vague me remplir et je sens qu’il y a un petit espace, pas très grand, mais quand-même, qui n’est pas envahi et qui peut voir que c’est une vague de désespoir. Quelque chose en moi peut observer qu’elle monte, elle monte, elle monte et arrivée à son sommet, elle redescend. Quand s’est passé, tout se relâche dans mon corps. Je crois que c’est la première fois de ma vie que j’accueille une émotion hyper puissante sans m’en détourner. J’ai survécu ! Je n’ai pas composé le numéro de quelqu’un pour m’aider, je n’ai pas cherché à me distraire, je n’ai pas essayé de lutter, j’ai accueilli. Célébration !

Ce petit espace d’accueil en moi, il est né grâce à la CNV. Cette capacité à me décoller, ne serait-ce qu’un tout petit peu, de ce qui m’envahit pour pouvoir l’accueillir, je l’ai développée grâce à la CNV. Si je ne suis que tristesse, il n’y a plus personne en moi qui peut accueillir cette tristesse. Je me lâche moi-même, je m’abandonne. Et la première personne dont j’ai besoin quand je suis si triste, c’est de moi-même !

Un petit outil qui m’a beaucoup aidée c’est de prendre un objet, n’importe quoi qui te tombe sous la main, pour symboliser ce qui se manifeste en toi. Tu regardes l’objet qui est à l’extérieur de toi et cela te permet de regarder avec un tout petit peu de recul ce qui se passe en toi. Si tu n’as aucun objet autour de toi, prends une de tes mains et regarde l’intérieur de ta main. Et tu peux t’adresser à l’objet ou ta main et juste reconnaître ce qui se passe : je sens qu’il y a quelque chose en moi qui est envahi par la tristesse.

Et par moment, je peux être envahie par une émotion, ne plus avoir de recul, et c’est aussi OK. Je n’ai pas les moyens d’être le contenant de ce qui m’envahit, et c’est OK. Je peux alors demander du soutien à l’extérieur. Pendant cette période de rupture, j’ai aussi beaucoup demandé du soutien à mes amis qui cheminaient avec moi et avec la CNV. J’ai reçu beaucoup d’empathie. Cela m’a permis de vivre l’interdépendance : je ne me sors pas toute seule des situations douloureuses, je peux compter sur les autres.

J’hésite à clore cet article en vous partageant un happy end, parce que je ne veux pas être kitch… Et en même temps je me dis que cela peut inspirer et soutenir quelqu’un d’autre de voir que ça arrive à une fille normale, qui n’a pas de super pouvoir, qui n’a pas vécu d’expérience d’éveil, qui ne sort pas d’un roman ou d’un film… Alors go, j’y vais !

Je pensais que je serai en deuil pendant deux ans et que ce serait un immense chemin à parcourir pour me remettre de cette séparation. Et en fait trois mois plus tard j’ai rencontré un homme, un jardinier qui arrose l’entièreté de mon jardin. Je fais l’expérience d’une relation nourrissante et épanouissante. Cela ne veut pas dire que nous n’avons pas nos épreuves à traverser à deux, que nous ne nous faisons pas grandir l’un l’autre, parfois dans des zones inconfortables. Cette relation nourrit une multitude de besoins. C’est difficile de mettre des mots là-dessus. (Un jour j’écrirai un article sur le couple et la CNV pour tenter de mieux décrire la qualité de relation que je vis !)
Et cela n’enlève rien à l’être inestimable qu’est l’autre homme, celui avec lequel la relation amoureuse a pris fin, et avec lequel je suis restée très proche. Nous pouvons compter l’un sur l’autre, partager une amitié sincère, être vrai l’un avec l’autre.

Si tu vis en ce moment une crise dans ton couple, une rupture amoureuse ou quelque chose qui y ressemble, je peux t’accompagner avec la CNV dans cette période douloureuse. Je peux aussi te recommander des personnes qui font des consultations et des médiations pour les couples. N’hésite pas à me contacter, c’est possible de traverser cette épreuve !