Les postulats de base de la Communication NonViolente®

Les postulats de base de la Communication NonViolente®

Quels sont les postulats de base de la Communication NonViolente? On en entend parler au détour d’une conversation, on s’appuie dessus pour la pratique de la CNV, mais en fait, c’est quoi ces fameux postulats? Je fais le point dans cet article, à partir  de la compréhension que j’en ai aujourd’hui! Je ne prétends pas en avoir fait le tour, loin de là!

La définition d’un postulat : principe non démontré utilisé dans la construction d’une théorie (mathématiques).

Nous pouvons nous appuyer sur les postulats de bases ainsi que sur certains comportements que nous pouvons avoir pour faire du monde girafe une réalité. Cela nous rappelle aussi les buts que la CNV sert. Mais ce n’est pas une exigence de le vivre à chaque instant.

Les postulats de base en CNV sont des repères auxquels je choisis d’adhérer et d’avoir sur mon chemin vers le monde dans lequel j’ai envie de vivre. Je fais le choix de m’y rattacher, même s’ils ne sont pas démontrables. Ils sont des croyances qui me rendent la vie plus belle. Attention aux exigences : des fois j’y suis et des fois pas, et c’est OK. Les postulats nous invite à une qualité de conscience particulière.

 

Premier postulat : Notre joie la plus profonde vient du fait de pouvoir contribuer au bien-être les uns des autres

Comment je le comprends :  Nous donnons et nous recevons de façon continuelle. Ce qui nous intéresse, c’est cette qualité particulière qui fait que les gens échangent entre eux et qu’on finit par ne plus savoir qui donne et qui reçoit, tant les deux parties concernées éprouvent de joie.

Pour que cette joie soit présente deux ingrédients sont indispensables : que l’acte vienne d’un mouvement spontané et que l’intention soit de contribuer à rendre la vie plus merveilleuse pour les autres êtres humains.

L’homme, s’il en a les moyens et la liberté de choix, va avoir l’élan de contribuer. C’est notre qualité naturelle.

Souvent j’ai oublié que c’est notre joie la plus profonde à tous. J’ai peur de faire des demandes alors que c’est donner l’occasion à quelqu’un de contribuer pour moi ! Wahoo !

Je me rappelle de ce postulat quand :

Je ne vois plus le sens de ce que je fais (travail, relations, …)

J’ai peur de faire des demandes

Ce postulat permet…

… de reprendre son pouvoir

… de vivre l’interdépendance

Un exemple personnel : En ville, les lunettes de soleil d’une dame tombent par terre et se cassent en plusieurs morceaux. Je l’aide à les récolter. Cinq minutes après, cette même dame me tape sur l’épaule et me montre mon ticket de parking qui était tombé de ma poche !

Autre exemple :  cette vidéo dans laquelle deux enfants sont seuls dans une pièce. Ils ont chacun devant eux une assiette recouverte dont on ne voit pas le contenu. Quand ils enlèvent la serviette, ils voient qu’un enfant a un sandwich dans son assiette et que l’autre son assiette est vide. Tous les enfants sans exception dans l’étude ont partagé le sandwich en deux pour donner la moitié à l’autre enfant. Sans aucune pression de l’extérieur.

 

Deuxième postulat : Tous les êtres humains ont les mêmes besoins

Comment je le comprends :  Un besoin est l’énergie de vie qui traverse chaque être humain et qui recherche son épanouissement. Les besoins fondamentaux sont ce qui est universellement nécessaire à l’épanouissement de la vie. Quels que soient leur culture, leur éducation, leur milieu de vie, tous les êtres humains ont les mêmes besoins fondamentaux, comme par exemple besoin d’amour, besoin de liberté ou besoin d’accomplissement. Même si notre conditionnement nous empêche parfois de nous relier à nos besoins.

Je me rappelle de ce postulat quand :

J’ai l’impression de pas pouvoir me connecter à l’autre

Je ne vois plus son humanité

Ce postulat permet…

… de voir l’humanité de l’autre et ce que nous avons en commun

… de me connecter à un endroit d’où je peux voir la réalité de l’autre

Un exemple personnel : Lors d’un stage interculturel au Maroc, le premier jour en ouverture au stage, nous faisons un échange par deux. Je tombe avec un sénégalais qui doit avoir deux fois mon âge et qui est polygame. A priori, tout nous sépare et je me dis qu’il ne comprendra jamais ma situation amoureuse compliquée que je lui confie. Et pourtant immédiatement dans sa reformulation il touche un besoin essentiel et non nourri chez moi.

 

Troisième postulat : Les besoins d’autrui nous importent autant que les nôtres

Comment je le comprends :  Si je choisi d’obtenir ce que je veux à n’importe quel prix, je ne suis pas dans cette conscience-là. Si je choisis de privilégier le lien que j’ai avec la personne, alors dans ce cas-là mes besoins et ses besoins m’importent de manière égale. Cela veut dire que j’ai à cœur de trouver une solution créative qui nourrissent à la fois mes besoins et ses besoins. Cela veut aussi dire que même si ma demande me tient beaucoup à cœur, je ne veux pas que l’autre me dise oui au détriment de ses besoins à lui.

Ce postulat est à la base du dialogue CNV qui nous permet de danser jusqu’à la satisfaction des besoins de tous, sans compromis.

Attention de ne pas prendre la responsabilité du besoin des autres ! => Sauveur !

Je me rappelle de ce postulat quand :

Je veux l’emporter sur

Quand l’autre veut l’emporter sur moi

Quand je suis prête lâcher mon besoin

Ce postulat permet…

… de créer du ET

… d’être accrochée à mon besoin somme un chien à son os

Un exemple personnel : J’avais envie de faire un voyage à Florence avec mon compagnon, et c’était comme une fixation : partir, partir, partir! Lui, il n’avait pas tellement d’élan mais il m’a quand-même dit oui. Il y avait quelque chose en moi qui était super content d’avoir obtenu ce que je voulais. Et en même temps il y a vite eu en moi comme un malaise de ne pas avoir pris en compte plus les besoins de mon compagnon. Le voyage s’est mal passé, parce que nous étions mal à l’aise tous les deux.

 

Quatrième postulat : Il n’y a jamais de conflit au niveau des besoins, ceux-ci coexistent de façon sereine et pacifique

Comment je le comprends : Etant donné que tous les êtres humains ont les mêmes besoins, c’est comme une nappe phréatique commune à laquelle nous pouvons nous relier à chaque instant. C’est au niveau des stratégies choisies pour nourrir ces besoins que les conflits commencent !

Je me rappelle de ce postulat quand :

Je suis coincée dans le dialogue au niveau des stratégies

J’ai l’impression que nous ne pourrons jamais trouver de solution qui tienne compte de moi Et de l’autre

Ce postulat permet…

… de revenir aux besoins et de quitter les stratégies

… de créer du ET

Un exemple personnel : Quand j’entends quelqu’un passé à côté de moi en moto, le bruit que ça fait crée en moi comme un déchirement. J’ai juste envie de tuer la personne qui est sur la moto et je ne peux juste pas comprendre comment on peut être aussi con. Si je me demande quels besoins elle nourrit en enfourchant sa moto, je peux imaginer que sentir l’air sur son visage, de voir défiler le paysage à toute allure, de pouvoir aller où elle veut doit peut-être nourrir un besoin d’évasion, de liberté. J’ai moi-même besoin de liberté même si je ne le nourris pas de cette manière. Et soudain cette personne ne me parait plus un monstre. Même si je ne suis toujours pas d’accord avec la stratégie choisie.

 

Cinquième postulat : Nous nous portons mieux lorsque nous vivons des relations basées sur la coopération plutôt que sur la compétition

Comment je le comprends : Dans des relations basées sur la compétition, nous sommes les uns contre les autres, en concurrence et en rivalité dans la poursuite d’un même objectif que, au final, une seule personne pourra atteindre.

Et même s’il n’y a pas vraiment d’objectif, mais que je vois les autres comme des concurrents potentiels à me prendre mon mari, mon travail, mon bonheur, à être “mieux que moi“, à “mieux réussir“, je suis en compétition. Je suis inquiète, stressés, séparée des autres.

Dans la coopération, nous sommes les uns avec les autres, nous prenons en compte chacun, nous mettons en avant les qualités de chacun, l’objectif est d’y arriver ensemble, de communiquer, de partager. Dans des relations basées sur la coopération, nos besoins de communion, paix, confiance sont nourris.

Pour aller encore plus loin : quand on est dans l’être, il n’y a rien à prouver.

Je me rappelle de ce postulat quand :

Je me mets en compétition avec l’autre/les autres

Je me compare aux autres

Ce postulat permet…

… de sortir de la compétition

… de nourrir les besoins de communion, paix, confiance

Un exemple personnel :

Compétition : Quand j’apprends qu’une amie est enceinte, je la vois d’abord comme une ennemie qui a ce que je n’ai pas et que j’aimerais tellement avoir. Je l’évite pendant 10 jours. Coopération : Quand je la revois et que je lui dis que d’un côté je suis contente pour elle et que d’un autre c’est difficile pour moi. Et qu’elle me propose de discuter de ma quête de bébé et de me soutenir.

 

Sixième postulat : Les êtres humains préfèrent agir par élan plutôt que sous la contrainte

Comment je le comprends :  Les êtres humains sont aussi attachés à leur besoin de liberté que nos poumons à l’air qu’ils respirent. Quand j’agis sous la contrainte, je suis coupé de mon élan de vie, je ploie sous les il faut, je dois, répondant à la peur ou à la résignation. Petit à petit, cela peut me conduire à un endormissement général !

L’homme s’il en a les moyens et la liberté de choix, va avoir l’élan de contribuer. C’est notre qualité naturelle.

Quand je suis obligé de faire quelque chose je n’ai plus l’élan de le faire.

Quand j’ai la liberté de faire ou pas quelque chose je vais avoir plus envie de le faire.

Je vais voir ce qui se passe chez moi quand j’ai l’impression que je n’ai pas le choix.

Je me rappelle de ce postulat quand :

Je fais une demande à quelqu’un. Pour être dans la différence entre demande et exigence.

J’ai l’impression d’être sous la contrainte et comment je peux faire pour retrouver l’élan de moi à moi ou avec une autre personne.

Ce postulat permet…

… de préserver l’élan naturel à contribuer

… d’éviter la soumission et/ou la rébellion

Un exemple personnel :

Juste là je n’ai pas d’exemple précis… J’essaie souvent de transformer mes “je dois“ et “il faut“ en choix que je fais, même si je n’ai qu’une petite marge de manoeuvre. Je me dis que je fais les choses pour moi, en définitive.

 

Septième postulat : Chacun-e fait du mieux qu’il/elle peut pour satisfaire ses besoins, dans les circonstances et avec la conscience qui sont les siennes à un moment donné

Comment je le comprends : A chaque instant, chacun fait toujours du mieux qu’il peut. Et cela m’englobe moi aussi ! (exigence par rapport à soi-même) Même si je me dis que ce qu’il fait c’est nul, même si toute la société et toutes les lois condamnent son acte (par exemple tuer quelqu’un) il a quand-même fait de son mieux à cet instant-là. Les phrases comme : “tu aurais quand-même pu …“, “c’est des choses qu’on ne dit pas/qu’on ne fait pas“, “mais comment on peut faire ça ?“ nous montrent qu’on n’est pas dans cette conscience-là.

Ce postulat permet…

… pour moi-même : de sortir de l’idée que ce que je fais est juste ou faux, est bien et mal et du coup de sortir de la culpabilité. Cela soutient pour voir les conséquences de mes stratégies. Cela soutient pour la prise de responsabilité de mes actes.

… envers les autres : de nourrir ma bienveillance à l’égard des autres et l’accueil de ce qui est, au lien d’avoir des exigences sur l’autre. Cela m’apporte de la paix

Je me rappelle de ce postulat quand :

Je n’arrive pas à comprendre pourquoi l’autre fait ce qu’il fait

Je me juge par rapport à ce que j’ai fait

Un exemple personnel :

Depuis la naissance de mon bébé je suis souvent dans un espace où j’ai largement dépassé mes limites, je suis dans le rouge, ne serait-ce par exemple que par rapport à mon manque de sommeil. Dans ces circonstances particulières, je fais du mieux que je peux pour satisfaire mes besoins, et parfois c’est de manière tragique, parce que je suis épuisée, et c’est OK.

 

Envie de faire entrer ces postulats dans ta vie? Envie d’échanger à ce sujet? Contacte-moi pour une séance d’empathie!